Recherche 2026-06-18 Prise de décision Zurich

Émotions et risque : ce que l'humeur change à la décision

Émotions et risque : ce que l'humeur change à la décision — SHR, Zurich
Émotions et risque : ce que l'humeur change à la décision — SHR, Zurich

Une négociation difficile ou un incident opérationnel peut précéder immédiatement un arbitrage sans rapport avec cet événement. La question managériale est précise : comment éviter que l'émotion du moment soit prise pour une propriété du risque à évaluer ?

Ce que la littérature établit

Jennifer S. Lerner et Dacher Keltner (2001, Journal of Personality and Social Psychology) montrent que la peur et la colère peuvent orienter différemment l'appréciation du risque : la peur vers des évaluations plus pessimistes, la colère vers des évaluations plus optimistes. Leurs travaux relient cette différence aux perceptions de certitude et de contrôle associées à ces émotions. Distinguer simplement un état émotionnel positif d'un état négatif ne suffit donc pas à comprendre son influence.

Une émotion peut changer de dossier

Jennifer S. Lerner, Deborah A. Small et George Loewenstein (2004, Psychological Science) ont induit des émotions avant de demander aux participants de prendre des décisions économiques portant sur un objet. La tristesse et le dégoût ont modifié les valorisations, alors que leur origine était sans rapport avec cet objet. Cette expérience établit la possibilité d'un transfert : une émotion née ailleurs peut peser sur la décision présente.

Émotions et risque : ce que l'humeur change à la décision — SHR, Zurich — Zurich
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La conclusion trop rapide

On pourrait en déduire qu'il faut décider sans émotion, ou reporter tout arbitrage après un épisode difficile. Ces travaux ne démontrent ni qu'une telle neutralité est possible, ni qu'un report améliore systématiquement la décision. Une inquiétude peut aussi signaler un problème réel : l'enjeu consiste à distinguer ce qui renseigne sur le dossier de ce qui provient d'un autre événement. (nos formations pour cadres et collaborateurs)

Ce que les données ne permettent pas de prescrire

Ces résultats ne fournissent pas de délai universel permettant de retrouver un jugement fiable, ni de protocole validé pour les comités de direction. Les tâches expérimentales ne reproduisent pas les responsabilités réglementaires, les incitations et les interactions d'un arbitrage organisationnel. Demander aux participants de nommer leur émotion peut rendre le contexte plus explicite ; cela ne prouve pas que son influence disparaît.

Une implication pratique, vérifiable à Zurich

Dans le cadre du programme « Prise de décision » de SHR, un exercice possible pour les services financiers, l'assurance, la tech et les sièges européens de groupes internationaux à Zurich consiste à documenter une série d'arbitrages comparables. Avant la discussion, chaque décideur consigne confidentiellement son appréciation du risque, l'élément factuel principal qui la soutient et l'éventuel événement extérieur qui affecte son état émotionnel ; lors d'une relecture à échéance fixée à l'avance, il réévalue le même dossier en séparant les informations nouvelles. La mesure est la proportion d'appréciations modifiées sans fait nouveau consigné, en distinguant les cas avec et sans événement émotionnel déclaré. Ce relevé vérifie la stabilité des jugements et ouvre une discussion sur leurs motifs ; il ne mesure, à lui seul, ni un effet causal des émotions ni la qualité finale des décisions. Pour aller plus loin : découvrez la formation Prise de décision à Zurich, ou parcourez nos formations pour cadres et collaborateurs en Suisse.

En images : Prise de décision à Zurich

Formation Prise de décision à Zurich — en situation
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Formation Prise de décision à Zurich — atelier pratique
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Formation Prise de décision à Zurich — sur le terrain
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