Simplifier une organisation : ce que les solutions ajoutées peuvent masquer

Face à un dysfonctionnement, proposer un dispositif supplémentaire semble immédiatement constructif. La question managériale est plus précise : avant de choisir une amélioration, a-t-on réellement envisagé de supprimer un élément du fonctionnement existant ?
Ce que la littérature établit
Gabrielle S. Adams, Benjamin A. Converse, Andrew H. Hales et Leidy E. Klotz (2021, Nature) montrent, dans des tâches expérimentales, que les participants négligent des transformations soustractives pourtant avantageuses. Leurs résultats suggèrent que cette asymétrie ne relève pas seulement d'une préférence pour l'ajout : certaines solutions par retrait ne sont pas spontanément envisagées. Des invitations explicites à considérer la soustraction rendent ces solutions plus accessibles.
Le point de départ peut enfermer la recherche
David G. Jansson et Steven M. Smith (1991, Design Studies) montrent que des exemples présentés dans des tâches de conception peuvent fixer la recherche de solutions sur certaines de leurs caractéristiques, y compris problématiques. Cette étude ne porte pas directement sur la suppression de procédures, mais elle éclaire un mécanisme voisin : une solution déjà visible peut restreindre l'exploration. Partir de l'organigramme ou du circuit de validation actuel n'est donc pas nécessairement une manière neutre de chercher une alternative.

La conclusion trop rapide
On pourrait en déduire qu'une bonne décision consiste à retirer plutôt qu'à ajouter. Ces travaux n'établissent pas une supériorité générale de la soustraction : ils interrogent la manière dont les options sont produites avant leur évaluation. Supprimer un contrôle utile peut être aussi dommageable qu'ajouter une procédure inutile. (nos formations pour cadres et collaborateurs)
Ce que les données ne permettent pas de promettre
Les tâches expérimentales ne reproduisent pas toutes les interdépendances, les obligations réglementaires et les responsabilités d'une organisation. Elles ne permettent pas de chiffrer le gain qu'une entreprise valaisanne obtiendrait en supprimant une étape. Une simplification apparente peut aussi transférer du travail vers une autre équipe : mesurer seulement le service qui décide masquerait ce déplacement.
Une implication pratique, vérifiable à Sion
Dans le cadre du programme « Prise de décision » de SHR, un exercice à Sion peut porter sur un circuit administratif non critique, dans l'énergie hydraulique, la santé, la viticulture ou le tourisme alpin, sans toucher aux exigences de sécurité ou de conformité. Avant l'arbitrage, consigner une option d'ajout, une option de retrait et le maintien de l'existant, puis calculer la proportion de dossiers où l'option de retrait a été effectivement examinée. Pour les retraits retenus, tester le changement sur un périmètre limité et comparer le temps total de traitement et les reprises nécessaires avec une période de référence définie à l'avance, en incluant les équipes qui pourraient recevoir le travail déplacé. La première mesure vérifie l'élargissement de la recherche ; les suivantes vérifient si la simplification apporte réellement quelque chose. Pour aller plus loin : découvrez la formation Prise de décision à Sion dans le canton du Valais, ou parcourez nos formations pour cadres et collaborateurs en Suisse.
En images : Prise de décision à Sion



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