Accueil client : faire participer sans transférer le travail

Préparer des pièces, compléter un dossier ou configurer un accès : l’accueil demande souvent au client de contribuer à la prestation. La question managériale est précise : dans quelles conditions cette participation aide-t-elle le client, plutôt qu’elle ne lui transfère simplement le travail de l’organisation ?
Ce que la littérature établit
Michael I. Norton, Daniel Mochon et Dan Ariely (2012, Journal of Consumer Psychology) montrent, dans des expériences de construction d’objets, que les participants peuvent valoriser davantage ce qu’ils ont contribué à fabriquer. Dans leurs expériences, cet « effet IKEA » dépend notamment de l’achèvement réussi de la tâche : fournir un effort ne suffit pas. Ces résultats établissent un effet dans des situations expérimentales précises, non un bénéfice général de la participation à une prestation de service.
Le mécanisme : pouvoir agir et pouvoir réussir
Richard M. Ryan et Edward L. Deci (2000, American Psychologist) présentent une synthèse de la théorie de l’autodétermination, qui distingue notamment les besoins d’autonomie, de compétence et d’appartenance sociale. Ce cadre invite à ne pas confondre une activité imposée avec une participation que la personne peut s’approprier. Appliqué à l’accueil, il suggère une hypothèse à tester : une contribution compréhensible, réalisable et accompagnée pourrait être mieux vécue qu’une obligation dont le client ne perçoit ni l’utilité ni l’issue.

La conclusion trop rapide
Il serait tentant d’en déduire que faire travailler davantage le client augmente son attachement au service. Ni les expériences sur la construction d’objets ni la théorie de l’autodétermination n’autorisent cette règle. Répéter des informations déjà fournies ou corriger seul un formulaire ambigu peut constituer un transfert de charge, sans produire de sentiment de compétence. (nos formations pour cadres et collaborateurs)
Ce que les données et les indicateurs courants ne disent pas
Ces deux articles n’évaluent pas directement l’accueil dans les services financiers, l’assurance ou les entreprises technologiques à Zurich. Un taux élevé de formulaires complétés ne permet pas non plus de savoir si la démarche était comprise, choisie ou accomplie faute d’alternative. Il faut donc distinguer la réussite administrative du dossier, l’effort demandé au client et son appréciation de cet effort.
Une implication pratique, vérifiable à Zurich
Dans le programme « Accueil client » de SHR, un exercice applicable aux services financiers, à l’assurance, à la tech et aux sièges européens de groupes internationaux à Zurich consiste à examiner une tâche demandée au client, comme la préparation d’un dossier avant un rendez-vous. Pendant deux semaines, consigner pour chaque occurrence si la tâche est achevée sans reprise, si une aide est demandée et la réponse à une même question : « Cette étape vous a-t-elle aidé à avancer dans votre demande ? » Calculer ensuite la proportion de tâches achevées sans reprise et celle des réponses positives, en distinguant les langues de service sans enregistrer de contenu confidentiel. Un écart entre ces deux proportions invite à examiner la consigne et l’accompagnement : il ne démontre pas, à lui seul, un effet causal. Pour aller plus loin : découvrez la formation Accueil client à Zurich, ou parcourez nos formations pour cadres et collaborateurs en Suisse.
En images : Accueil client à Zurich



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