À Sion, inviter à planifier plutôt que rappeler ?

Lorsqu’une démarche reste inachevée, le réflexe managérial consiste souvent à envoyer un rappel supplémentaire. La question utile est plus précise : pour une action déjà acceptée, demander au destinataire de choisir quand il l’accomplira facilite-t-il davantage le passage à l’acte ?
Ce que la littérature établit
Peter M. Gollwitzer et Veronika Brandstätter (1997, Journal of Personality and Social Psychology) distinguent l’intention de poursuivre un objectif de la planification des circonstances de son exécution. Leurs expériences montrent que préciser quand et où agir peut faciliter la réalisation d’une intention. Pour la communication managériale, cette distinction déplace l’attention : obtenir un accord sur l’objectif ne revient pas à préparer son exécution.
Quand le message invite à choisir un moment
Katherine L. Milkman, John Beshears, James J. Choi, David Laibson et Brigitte C. Madrian (2011, Proceedings of the National Academy of Sciences) ont testé cette logique dans des messages adressés à des salariés au sujet d’une vaccination contre la grippe. L’invitation à noter une date et une heure de vaccination a augmenté le recours à celle-ci par rapport au message sans cette invitation. Il ne s’agissait donc pas seulement de rappeler l’action, mais d’amener le destinataire à lui trouver une place dans son emploi du temps.

La conclusion trop rapide
On pourrait en déduire qu’il suffit d’ajouter une case « quand ? » à chaque communication pour améliorer son efficacité. Ces travaux ne montrent pourtant pas qu’un plan crée l’adhésion, résout un désaccord ou fournit les moyens manquants. Une invitation à planifier ne doit pas transformer un obstacle organisationnel en faute individuelle. (nos formations pour cadres et collaborateurs)
Ce que les données ne permettent pas de généraliser
L’essai sur la vaccination porte sur une action circonscrite, proposée dans un dispositif concret ; il ne prouve pas qu’une invitation similaire accélère un projet collectif ou une décision complexe. Dans l’énergie hydraulique, la santé, la viticulture et le tourisme alpin autour de Sion, l’exécution dépend aussi des autorisations, des horaires et des conditions de terrain. Mesurer uniquement les intentions déclarées laisserait donc intacte la question principale : l’action a-t-elle effectivement été réalisée ?
Une implication pratique, vérifiable à Sion
Dans le cadre du programme « Communication » de SHR, une équipe à Sion pourrait tester une invitation à planifier sur une démarche administrative non urgente, réalisable individuellement, par exemple l’inscription à une formation déjà acceptée. Répartir aléatoirement les destinataires entre deux messages identiques, dont un seul ajoute « À quelle date et à quel moment prévoyez-vous de vous inscrire ? », permettrait une comparaison locale sans modifier l’échéance ni les moyens disponibles. L’indicateur serait la proportion d’inscriptions effectivement terminées avant l’échéance dans chaque groupe, vérifiée dans les enregistrements administratifs plutôt que par déclaration. Un petit effectif imposerait une lecture prudente de l’écart observé, sans le présenter comme une preuve générale. Pour aller plus loin : découvrez la formation Communication à Sion dans le canton du Valais, ou parcourez nos formations pour cadres et collaborateurs en Suisse.
En images : Communication à Sion



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