À Lugano, travailler sans s'arrêter prouve-t-il l'engagement ?

Dans le programme « Risques psychosociaux » de SHR — Swiss Human Resources, la reconnaissance de l'engagement pose une question de prévention. Comment un responsable peut-il valoriser un travail utile sans encourager l'impossibilité de s'arrêter ?
Ce que la littérature établit
Malissa A. Clark, Jesse S. Michel, Ludmila Zhdanova, Shuang-Yue Pui et Boris B. Baltes (2016, Journal of Management) ont synthétisé les recherches sur le workaholisme, entendu comme une tendance à travailler excessivement et de manière compulsive. Leur méta-analyse relève des associations avec l'épuisement professionnel, le stress et le conflit entre travail et vie familiale. Elle ne permet pas de considérer cette tendance comme une garantie de meilleure performance.
Deux investissements qui ne se confondent pas
Wilmar B. Schaufeli, Toon W. Taris et Willem van Rhenen (2008, Applied Psychology) distinguent empiriquement le workaholisme, l'épuisement professionnel et l'engagement au travail. Une forte activité peut ainsi s'accompagner d'énergie et d'enthousiasme, mais aussi d'une pression intérieure à continuer. Le volume de travail visible ne suffit donc pas à identifier la nature de l'investissement.

La conclusion trop rapide
On pourrait en déduire qu'il faudrait décourager toute implication intense. Ce serait confondre un effort ponctuel, éventuellement choisi, avec une tendance compulsive qui persiste. La question managériale porte plutôt sur ce qui est récompensé : le résultat utile, ou le fait de ne jamais paraître avoir terminé. (nos formations pour cadres et collaborateurs)
Ce que les données ne permettent pas de diagnostiquer
Une grande partie des données synthétisées repose sur des questionnaires et des associations, ce qui limite l'inférence causale. Ces travaux ne permettent ni de diagnostiquer un salarié à partir de ses horaires, ni d'attribuer sa conduite aux seules pratiques du responsable. Inversement, présenter tout surinvestissement comme un trait personnel risque de soustraire à l'examen les attentes et les critères de reconnaissance de l'organisation.
Une implication pratique, vérifiable à Lugano
Dans une banque, une entreprise de mode, une société de négoce ou une PME familiale italophone de Lugano, un exercice du programme « Risques psychosociaux » peut porter sur les formulations de reconnaissance utilisées par les responsables. Pendant deux semaines, consigner sans noms les motifs des félicitations professionnelles, puis distinguer ceux qui décrivent un résultat ou une coopération de ceux qui valorisent uniquement la présence prolongée ou la disponibilité sans limite. Calculer la proportion de ces derniers parmi les motifs consignés, remplacer ces formulations par des critères de contribution explicites, puis répéter le relevé. Cette mesure vérifie une pratique de management ; elle ne mesure ni une prévalence du workaholisme ni un effet sur la santé. Pour aller plus loin : découvrez la formation Risques psychosociaux à Lugano dans le canton du Tessin, ou parcourez nos formations pour cadres et collaborateurs en Suisse.
En images : Risques psychosociaux à Lugano



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