Formation avec l’IA : réussir l’exercice, est-ce apprendre ?

L’IA peut accompagner un collaborateur pendant une formation en expliquant une procédure ou en proposant une réponse à un cas pratique. La question managériale est précise : comment distinguer la réussite assistée d’un exercice de l’acquisition de connaissances réutilisables ?
Ce que la littérature établit
Henry L. Roediger III et Jeffrey D. Karpicke (2006, Psychological Science) ont comparé l’étude répétée de textes à des situations comprenant des tests de rappel. L’étude répétée favorisait la performance à très court terme, tandis que la pratique du rappel produisait une meilleure rétention lors des évaluations différées. La facilité pendant l’apprentissage et la disponibilité ultérieure des connaissances ne sont donc pas des indicateurs interchangeables.
Récupérer une connaissance ne consiste pas seulement à la reconnaître
Jeffrey D. Karpicke et Janell R. Blunt (2011, Science) ont montré que la pratique de récupération pouvait produire davantage d’apprentissage que l’étude élaborative avec des cartes conceptuelles, y compris pour des questions de compréhension et d’inférence. Dans ce dispositif, reconstruire les connaissances de mémoire apportait un bénéfice que l’organisation du contenu sous les yeux ne procurait pas autant. Pour une formation accompagnée par l’IA, cela suggère de réserver des moments où le participant doit formuler lui-même son raisonnement avant de consulter une réponse.

La conclusion trop rapide
On pourrait en déduire qu’il faut interdire l’IA pendant les formations. Ces travaux ne comparent pourtant pas des formations avec et sans IA, et ne permettent pas cette conclusion. L’enjeu est plutôt de distinguer les moments d’explication, où une assistance peut être utile, des moments de récupération, où l’on cherche à observer ce que la personne sait mobiliser elle-même. (nos formations pour cadres et collaborateurs)
Ce qu’un exercice réussi ne permet pas de conclure
Ces expériences portent sur des contenus d’apprentissage délimités, non sur l’ensemble des compétences d’un manager ou sur des procédures medtech en situation réelle. Elles n’établissent ni la fréquence optimale des exercices sans aide ni leur effet sur la performance professionnelle avec un outil d’IA. Une évaluation sans assistance renseigne sur la disponibilité des connaissances ; elle ne remplace pas une évaluation du travail dans ses conditions habituelles.
Une implication pratique, vérifiable à Lausanne
Dans le cadre du programme SHR « Manager à l'ère de l'intelligence artificielle », une équipe lausannoise issue de la medtech, d’une haute école, du sport international ou d’une scale-up de l’arc lémanique peut tester un apprentissage circonscrit sur un cas fictif et non sensible. Après un exercice accompagné par l’IA, proposer la semaine suivante un cas inédit de difficulté comparable, d’abord sans aide puis avec l’outil, en conservant une même grille de correction définie à l’avance. Mesurer séparément la proportion de critères satisfaits sans aide, puis avec assistance, et documenter les étapes qui nécessitent encore un appui. Cette vérification ne prouve pas un effet causal de l’IA, mais elle évite de confondre qualité de la réponse assistée et connaissances effectivement disponibles. Pour aller plus loin : découvrez la formation Manager à l'ère de l'intelligence artificielle à Lausanne dans le canton de Vaud, ou parcourez nos formations pour cadres et collaborateurs en Suisse.
En images : Manager à l'ère de l'intelligence artificielle à Lausanne



- manager à l'ère de l'intelligence artificielle
- Lausanne
- recherche
- formation lausanne
