Conduite du changement : que faut-il retirer avant d'ajouter ?

Un projet de changement décrit généralement ce qui doit apparaître, plus rarement ce qui doit disparaître. La question managériale est précise : avant d'ajouter un dispositif, examine-t-on réellement les tâches, validations ou documents qui pourraient être supprimés ?
Ce que la littérature établit
Gabrielle S. Adams, Benjamin A. Converse, Andrew H. Hales et Leidy E. Klotz (2021, Nature) montrent, dans des expériences de modification d'objets, d'idées et de situations, que les participants négligent des solutions par soustraction. Leurs résultats suggèrent que cette omission ne relève pas seulement d'une préférence pour l'ajout : les options soustractives ne sont pas toujours envisagées. Pour la conduite du changement, cela invite à distinguer une suppression examinée puis écartée d'une suppression jamais considérée.
Pourquoi l'existant garde un avantage
William Samuelson et Richard Zeckhauser (1988, Journal of Risk and Uncertainty) mettent en évidence un biais en faveur du statu quo dans les choix étudiés. Ce mécanisme est distinct de l'oubli des options soustractives : une option de retrait peut être identifiée sans être retenue, parce que l'état actuel bénéficie d'un avantage. Ensemble, ces travaux suggèrent deux questions différentes : a-t-on cherché ce que l'on pouvait retirer, puis a-t-on évalué cette possibilité sans privilégier automatiquement l'existant ?

La conclusion trop rapide
On pourrait en déduire qu'une transformation réussie doit supprimer davantage qu'elle n'ajoute. Ces travaux ne permettent pas cette conclusion : un contrôle, une validation ou une redondance peuvent avoir une fonction indispensable. L'enjeu n'est pas de faire de la suppression un objectif, mais de lui donner une place explicite parmi les options examinées. (nos formations pour cadres et collaborateurs)
Ce que ces données ne démontrent pas
Ces études ne comparent pas des transformations d'entreprises selon le nombre de tâches supprimées et ne démontrent pas un gain de performance organisationnelle lié à la soustraction. Dans la pratique, une tâche apparemment inutile peut protéger un autre service, un client ou une exigence de traçabilité. Son retrait demande donc une vérification de ses dépendances, et pas seulement l'accord de l'équipe qui l'exécute.
Une implication pratique, vérifiable à Vevey
À Vevey, dans l'environnement de l'agroalimentaire mondial, des sièges de groupes et des PME de la Riviera, le programme « Conduite du changement » de SHR peut servir de cadre à un examen des retraits possibles avant le lancement d'un dispositif. Pour chaque tâche récurrente ajoutée, consigner une tâche existante dont le retrait a été examiné, la décision prise et ses motifs, y compris les contraintes réglementaires ou de qualité. L'indicateur proposé est la proportion de tâches ajoutées pour lesquelles cet examen est documenté, et non le nombre de suppressions obtenues. Pour les retraits effectivement testés, comparer ensuite le temps de traitement et les reprises nécessaires sur des dossiers comparables, afin de vérifier qu'un allègement local ne déplace pas la charge. Pour aller plus loin : découvrez la formation Conduite du changement à Vevey dans le canton de Vaud, ou parcourez nos formations pour cadres et collaborateurs en Suisse.
En images : Conduite du changement à Vevey



- conduite du changement
- Vevey
- recherche
- formation vevey
