Affecter les personnes : l'expérience commune compte-t-elle ?

Les responsables répartissent généralement le travail selon les compétences et les disponibilités individuelles. La question managériale est plus précise : pour une activité interdépendante, faut-il aussi privilégier les personnes qui ont déjà travaillé ensemble ?
Ce que la littérature établit
Robert S. Huckman, Bradley R. Staats et David M. Upton (2009, Management Science) distinguent l'expérience dans un rôle de la familiarité acquise en travaillant avec les autres membres d'une équipe. Dans les projets de services informatiques qu'ils étudient en Inde, leurs analyses relient favorablement ces deux dimensions à la performance. L'ancienneté individuelle ne décrit donc pas, à elle seule, l'expérience pertinente pour composer une équipe.
L'expérience qui se construit entre les personnes
Ray Reagans, Linda Argote et Daria Brooks (2005, Management Science) examinent l'expérience individuelle et l'expérience du travail commun dans un contexte chirurgical. Leurs résultats indiquent que l'expérience commune contribue à expliquer l'apprentissage au-delà de la seule expérience individuelle. Le mécanisme proposé ne concerne pas seulement la connaissance des compétences d'autrui, mais aussi l'apprentissage de la manière de travailler ensemble.

La conclusion trop rapide
On pourrait en déduire qu'il faut toujours conserver les mêmes équipes. Ces travaux ne démontrent pourtant pas qu'une stabilité maximale serait optimale dans toutes les situations. Maintenir certaines collaborations peut faciliter la coordination, mais doit être mis en balance avec la disponibilité des compétences, le développement des personnes et la capacité de remplacement. (nos formations pour cadres et collaborateurs)
Ce que les données ne tranchent pas
Ces études de terrain ne reposent pas sur une affectation aléatoire des personnes aux équipes : la sélection des membres et les caractéristiques du travail restent des enjeux d'interprétation. Des résultats issus de projets informatiques ou d'activités chirurgicales ne fournissent pas une règle universelle de planification. En pratique, compter les collaborations antérieures ne suffit pas non plus : encore faut-il qu'elles aient porté sur des tâches pertinentes pour le travail actuel.
Une implication pratique, vérifiable à Sion
Dans le cadre du programme « Performance d'équipe » de SHR, une équipe située à Sion pourrait tester une règle d'affectation préservant certains binômes sur une activité récurrente, sans déroger aux exigences de qualification : maintenance hydraulique, coordination des soins, opérations viticoles ou exploitation touristique alpine. Avant le test, puis pendant celui-ci, elle consignerait les collaborations antérieures pertinentes et un indicateur défini à l'avance : le nombre de tâches ayant nécessité une reprise liée à un défaut de coordination, rapporté au nombre de tâches terminées. Comparer des tâches de nature et de difficulté proches, en documentant la charge et les changements d'effectif, rendrait le constat vérifiable sans transformer une évolution locale en preuve causale. Pour aller plus loin : découvrez la formation Performance d'équipe à Sion dans le canton du Valais, ou parcourez nos formations pour cadres et collaborateurs en Suisse.
En images : Performance d'équipe à Sion



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