Gestion du temps : peut-on traiter une demande trop tôt ?

Un dossier arrive alors que certaines informations nécessaires doivent encore être confirmées : faut-il commencer pour prendre de l'avance ? La question managériale est de savoir quand un démarrage anticipé réduit le travail restant, et quand il crée surtout du travail à refaire.
Ce que la littérature établit
David Rosenbaum, Lanyun Gong et Cory Potts (2014, Psychological Science) ont étudié une tendance qu'ils nomment « précrastination » : hâter l'accomplissement d'un sous-objectif, même au prix d'un effort physique supplémentaire. Dans leurs expériences, des participants choisissaient de prendre un seau plus proche du point de départ, quitte à le porter plus longtemps. Les auteurs proposent que terminer plus tôt un sous-objectif puisse alléger la charge mentale ; cela ne démontre pas que commencer rapidement un dossier professionnel soit généralement inefficace.
Décharger la mémoire sans exécuter la tâche
Evan Risko et Sam Gilbert (2016, Trends in Cognitive Sciences) examinent, dans une revue de littérature, la décharge cognitive : l'utilisation d'actions ou de supports externes pour réduire les exigences cognitives d'une tâche. Ce cadre permet de distinguer deux réponses à une demande en attente : commencer à la traiter ou conserver extérieurement les informations nécessaires pour la reprendre. Consigner une demande, son responsable et sa condition de démarrage pourrait ainsi réduire le besoin de la garder en tête, sans engager prématurément son exécution.

La conclusion trop rapide
On aurait tort d'en déduire qu'il faut attendre que toutes les informations soient disponibles avant d'agir. Un premier travail peut justement révéler une dépendance, une ambiguïté ou un risque qui resterait autrement invisible. La distinction utile oppose donc une exploration qui produit de l'information à une exécution dont les résultats risquent d'être invalidés par une confirmation encore attendue. (nos formations pour cadres et collaborateurs)
Ce que les données ne permettent pas de trancher
Une expérience de transport de seaux ne mesure ni les reprises documentaires ni les obligations de diligence d'une équipe genevoise. La revue sur la décharge cognitive n'établit pas non plus qu'un registre des demandes réduise le temps total de traitement dans ces métiers. En pratique, il faut distinguer les reprises liées à un démarrage prématuré de celles dues à une évolution légitime de la demande.
Une implication pratique, vérifiable à Genève
Dans le programme « Gestion du temps & priorisation » de SHR, un exercice possible consiste à suivre pendant deux semaines les demandes commencées avant une confirmation explicitement identifiée. À Genève, le périmètre pourrait être un dossier client en banque privée, une note dans une organisation internationale, une commande en horlogerie de luxe ou une instruction logistique dans le négoce de matières premières, sans différer les contrôles obligatoires ni les actions urgentes. Pour chaque demande, consigner la confirmation attendue, le motif du démarrage et les minutes de reprise attribuables à l'information reçue ensuite ; calculer la part des demandes anticipées ayant nécessité une telle reprise et le temps total correspondant. Ce relevé ne prouverait pas à lui seul qu'attendre est préférable, mais rendrait vérifiable le coût éventuel d'un démarrage présenté comme un gain de temps. Pour aller plus loin : découvrez la formation Gestion du temps & priorisation à Genève dans le canton de Genève, ou parcourez nos formations pour cadres et collaborateurs en Suisse.
En images : Gestion du temps & priorisation à Genève



- gestion du temps & priorisation
- Genève
- recherche
- formation genève
