Gestion de projet : un exemple de solution enferme-t-il la conception ?

Au démarrage d'un projet, une maquette ou un ancien livrable sert souvent à préciser ce qui est attendu. La question managériale est plus étroite : faut-il montrer une solution de référence avant que l'équipe ait formulé ses propres options ?
Ce que la littérature établit
David G. Jansson et Steven M. Smith (1991, Design Studies) ont étudié la fixation en conception : l'adhésion à des caractéristiques d'un exemple peut restreindre les solutions produites. Dans leurs expériences, les propositions reprennent certains éléments du modèle présenté, y compris des caractéristiques inadéquates. Un exemple ne transmet donc pas seulement une intention ; il peut aussi transmettre des choix qui n'ont pas été justifiés.
L'exemple laisse une empreinte
Steven M. Smith, Thomas B. Ward et Jay S. Schumacher (1993, Memory & Cognition) ont observé un effet comparable dans une tâche de génération créative : les productions reprennent des caractéristiques des exemples consultés. Une consigne demandant d'éviter ces caractéristiques ne suffit pas à supprimer cet effet. Pour un projet, le mécanisme suggère que dire « ce modèle est seulement indicatif » ne garantit pas l'indépendance de la conception.

La conclusion trop rapide
On pourrait en déduire qu'il faut retirer tout exemple du dossier de lancement. Ces travaux ne démontrent pourtant pas que concevoir sans référence produit systématiquement une meilleure solution. Un modèle peut rendre visibles des exigences légitimes ; la précaution consiste à distinguer ces exigences des choix particuliers qu'il contient. (nos formations pour cadres et collaborateurs)
Ce que les données ne permettent pas de trancher
Ces expériences portent sur des tâches délimitées, non sur des projets genevois suivis jusqu'à leur mise en service. Elles ne mesurent pas le bilan entre le temps gagné grâce à un exemple et les options écartées sous son influence. La ressemblance avec un modèle ne constitue d'ailleurs pas, à elle seule, une erreur : elle peut répondre à une obligation réglementaire ou à une contrainte technique réelle.
Une implication pratique, vérifiable à Genève
Dans le cadre du programme « Gestion de projet » de SHR, un exercice vérifiable consisterait à demander une première esquisse à partir des seuls besoins, puis une seconde après consultation du modèle de référence. À Genève, le support pourrait être un parcours client en banque privée, un circuit de validation dans une organisation internationale, un suivi de traçabilité en horlogerie de luxe ou un traitement documentaire dans le négoce de matières premières. Pour chaque caractéristique apparue dans la seconde esquisse et présente dans le modèle, l'équipe noterait l'exigence qui la justifie ; l'indicateur serait la proportion de ces caractéristiques sans justification documentée. Ce relevé ne prouverait pas une fixation, mais rendrait vérifiables les choix importés du modèle avant leur validation. Pour aller plus loin : découvrez la formation Gestion de projet à Genève dans le canton de Genève, ou parcourez nos formations pour cadres et collaborateurs en Suisse.
En images : Gestion de projet à Genève



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