Gestion de projet : faut-il laisser les utilisateurs se tromper en formation ?

Avant de déployer un nouvel outil, un chef de projet peut privilégier une démonstration suivie d'exercices entièrement guidés. La question managériale est plus précise : faut-il aussi organiser une exploration où les futurs utilisateurs peuvent commettre, comprendre et corriger leurs erreurs ?
Ce que la littérature établit
Nina Keith et Michael Frese (2008, Journal of Applied Psychology) ont synthétisé les recherches sur la formation à la gestion des erreurs, qui associe exploration active et encouragement explicite à apprendre des erreurs. Leur méta-analyse indique un avantage particulièrement marqué pour le transfert adaptatif, lorsque la tâche ultérieure diffère de celles rencontrées pendant la formation. Exécuter correctement un scénario connu et savoir traiter une situation nouvelle ne constituent donc pas le même critère de préparation.
Ce que l'erreur peut faire apprendre
Nina Keith et Michael Frese (2005, Journal of Applied Psychology) ont étudié le contrôle des émotions et la métacognition comme mécanismes de cette forme d'apprentissage. Leurs résultats soutiennent le rôle de la régulation des réactions émotionnelles et de la réflexion sur sa propre manière de résoudre le problème. L'enjeu n'est pas de multiplier les échecs, mais de rendre possible l'analyse d'une action qui ne produit pas le résultat attendu.

La conclusion trop rapide
On pourrait en déduire qu'un chef de projet doit remplacer les consignes par une libre exploration. Ces travaux ne justifient ni l'abandon de l'accompagnement ni l'exposition des utilisateurs à des conséquences réelles. Une erreur dans un environnement d'entraînement réversible n'a pas le même statut qu'une opération incorrecte sur un dossier client ou un système de production. (nos formations pour cadres et collaborateurs)
Ce que les données ne garantissent pas
Ces recherches portent sur des dispositifs de formation et des performances dans des tâches définies, non sur la réussite globale d'un déploiement. Elles ne démontrent pas qu'une meilleure performance en exercice réduit automatiquement les incidents après la mise en service. Dans le programme « Gestion de projet » de SHR, cette distinction permet de travailler un choix de conception de la formation, sans en faire une garantie d'adoption ou de conformité.
Une implication pratique, vérifiable à Zurich
Pour un projet zurichois dans les services financiers, l'assurance, la tech ou un siège européen de groupe international, comparer deux modalités de formation dans un environnement isolé, avec des données fictives : un parcours guidé et un parcours de même durée intégrant l'exploration et l'analyse des erreurs. Répartir si possible les participants aléatoirement, puis leur soumettre un même cas nouveau, sans assistance et sans conséquence opérationnelle. Mesurer la proportion de participants qui terminent correctement ce cas sans aide, en relevant séparément les actions qui auraient constitué une violation d'une règle critique en production. Ce test local fournit un élément d'arbitrage sur la préparation au déploiement, pas une preuve de sécurité en conditions réelles. Pour aller plus loin : découvrez la formation Gestion de projet à Zurich dans le canton de Zurich, ou parcourez nos formations pour cadres et collaborateurs en Suisse.
En images : Gestion de projet à Zurich



- gestion de projet
- Zurich
- recherche
- formation zurich
