Changer d’avis avec son manager : quels éléments examiner ensemble ?

Un collaborateur et son manager peuvent s’accorder sur une explication et devenir, ensemble, moins attentifs à ses faiblesses. Dans le programme « Construire une relation efficace avec son manager », une question mérite donc d’être distinguée du désaccord : comment réexaminer une conviction que les deux personnes partagent déjà ?
Ce que la littérature établit
Charles G. Lord, Lee Ross et Mark R. Lepper (1979, Journal of Personality and Social Psychology) ont étudié la manière dont des personnes aux convictions opposées sur la peine de mort évaluaient des résultats de recherche contradictoires. Les participants tendaient à juger plus favorablement les éléments compatibles avec leur position initiale, et l’exposition au même ensemble d’informations pouvait accentuer leur opposition. Ce travail montre que disposer d’informations communes ne garantit pas une appréciation commune, ni impartiale, de leur valeur.
Un mécanisme : examiner l’hypothèse contraire
Charles G. Lord, Mark R. Lepper et Elizabeth Preston (1984, Journal of Personality and Social Psychology) ont testé une consigne consistant à envisager explicitement le contraire de son jugement initial. Dans leurs expériences, cette démarche réduisait certains biais de jugement plus efficacement qu’une simple invitation à être équitable et impartial. Pour un binôme collaborateur-manager, la transposition consiste à demander quels faits seraient attendus si leur explication commune était fausse.

La conclusion trop rapide
On pourrait en déduire qu’il faut systématiquement défendre la position inverse auprès de son manager. Ce serait confondre une méthode d’examen avec une posture d’opposition : l’objectif n’est pas de donner le même poids à toutes les hypothèses, mais de soumettre l’hypothèse privilégiée à un test réel. Une objection sans fondement n’améliore pas davantage la décision qu’un accord sans examen. (nos formations pour cadres et collaborateurs)
Ce que les données ne permettent pas d’affirmer
Ces expériences ne portent pas directement sur des relations hiérarchiques dans des organisations suisses. Elles ne démontrent donc pas qu’une telle consigne améliore durablement la relation avec son manager ou la performance d’un service. La transposition dépend notamment de la possibilité réelle de réexaminer une position sans que cette démarche soit interprétée comme une mise en cause personnelle.
Une implication pratique, vérifiable à Berne
À Berne, un binôme peut tester cette démarche sur un dossier non urgent de l’administration fédérale, de la santé publique, des télécoms ou de l’industrie de précision, sans modifier les procédures de validation applicables. Avant de consulter des données supplémentaires, il consigne son hypothèse commune, un élément observable susceptible de la contredire et la source à consulter. Au point de décision suivant, il vérifie si cette source a effectivement été examinée et note si l’hypothèse a été maintenue, nuancée ou abandonnée, avec le motif. La mesure proposée est la proportion de dossiers testés pour lesquels cette vérification contradictoire est documentée : elle renseigne sur la pratique d’examen, pas encore sur la qualité finale des décisions. Pour aller plus loin : découvrez la formation Construire une relation efficace avec son manager à Berne dans le canton de Berne, ou parcourez nos formations pour cadres et collaborateurs en Suisse.
En images : Construire une relation efficace avec son manager à Berne



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